Calculer la concentration d’une solution mère, puis en déduire celle d’une solution fille après dilution, repose sur un petit nombre de formules. Leur application correcte dépend moins de la mémorisation que du choix de la verrerie et de la rigueur du protocole de transfert. Cet article détaille les formules, compare les grandeurs utilisées et pointe les sources d’erreur qui faussent le résultat avant même le calcul.
Concentration massique, molaire et en pourcentage : formules comparées
| Type de concentration | Formule | Unité courante | Quand l’utiliser |
|---|---|---|---|
| Massique (Cm) | Cm = m / V | g/L | Quand on connaît la masse de soluté et le volume de solution |
| Molaire (C) | C = n / V | mol/L | Quand on travaille avec des quantités de matière (titrages, réactions) |
| En pourcentage (% m/v) | % = (m / V) x 100 | % (g pour 100 mL) | Pharmacie, biologie, solutions commerciales |
La concentration massique et la concentration molaire sont liées par la masse molaire M du soluté : Cm = C x M. Passer de l’une à l’autre suppose de connaître M avec précision, ce qui élimine toute ambiguïté sur le soluté concerné.
A lire également : Les meilleures compagnies d'assurance pour les retraités
Le pourcentage masse/volume est surtout utilisé pour les solutions commerciales (eau de Javel, sérum physiologique). Il se convertit en concentration massique en multipliant par 10 pour obtenir des g/L.

A lire également : Comprendre les remboursements d’une mutuelle santé
Erreur relative et choix de la verrerie avant le calcul de dilution
Appliquer la formule de dilution sans réfléchir à la verrerie utilisée revient à calculer juste sur un volume faux. Les guides de pratique récents insistent sur ce point : l’erreur relative du volume mesuré conditionne la fiabilité du résultat.
Une pipette jaugée offre une incertitude relative bien plus faible qu’un cylindre gradué pour un même volume. Pour un volume à prélever très petit (quelques dixièmes de millilitre), même la pipette jaugée atteint ses limites. La parade consiste à réaliser une dilution intermédiaire pour travailler avec un volume de prélèvement plus grand, donc plus précis.
- La fiole jaugée est réservée à la préparation du volume final de la solution fille : remplissage jusqu’au trait de jauge, puis homogénéisation par retournements
- La pipette jaugée sert au prélèvement du volume de solution mère : rinçage préalable avec la solution mère pour éviter toute dilution parasite
- Le bécher et l’entonnoir interviennent pour le transfert quantitatif : rincer le bécher et l’entonnoir à l’eau distillée et verser l’eau de rinçage dans la fiole pour ne perdre aucune trace de soluté
Cette séquence opératoire (transfert complet, rinçage, ajustement au trait de jauge, homogénéisation) est souvent absente des explications centrées uniquement sur la formule. Elle détermine pourtant la justesse du calcul.
Formule de dilution simple : C mère x V mère = C fille x V fille
Lors d’une dilution, la quantité de matière de soluté reste identique entre la solution mère et la solution fille. On n’ajoute que du solvant (en général de l’eau distillée). Ce principe de conservation se traduit par la relation :
C0 x V0 = Cf x Vf
C0 est la concentration de la solution mère, V0 le volume prélevé, Cf la concentration de la solution fille et Vf son volume final. Trois de ces quatre grandeurs doivent être connues pour isoler la quatrième.
Isoler le volume de solution mère à prélever
Le cas le plus fréquent consiste à déterminer V0. On réarrange la formule : V0 = (Cf x Vf) / C0. Avant l’application numérique, vérifier que les concentrations sont exprimées dans la même unité (toutes en mol/L ou toutes en g/L) et que les volumes sont dans la même unité (mL ou L).
Facteur de dilution : un raccourci utile
Le facteur de dilution F se définit comme le rapport C0 / Cf, ou de façon équivalente Vf / V0. Un facteur de dilution de 10 signifie que la concentration de la solution fille est dix fois plus faible que celle de la solution mère. Ce rapport permet de vérifier rapidement la cohérence d’un résultat : si F = 10 et que le volume final est de 100 mL, le volume à prélever doit être de 10 mL.

Dilution en série : répéter le facteur à chaque étape
Quand la concentration cible est très basse par rapport à la solution mère, une seule dilution impose de prélever un volume minuscule, ce qui dégrade la précision. La solution consiste à enchaîner plusieurs dilutions successives, chacune avec un facteur modéré.
À chaque étape, on applique la même relation C1 x V1 = C2 x V2. La concentration finale après n dilutions identiques de facteur F vaut C0 / F^n. Par exemple, trois dilutions successives au dixième (F = 10 à chaque fois) donnent une concentration finale mille fois plus faible que la concentration initiale.
La dilution en série est courante en microbiologie (dénombrement bactérien) et en chimie analytique (préparation de gammes étalons). Chaque étape doit respecter le même protocole de transfert quantitatif décrit plus haut : rinçage du matériel, ajustement au trait de jauge, homogénéisation.
Vérification rapide d’un calcul de concentration après dilution
Une erreur de conversion (mL/L, mg/g) ou une inversion mère/fille dans la formule produit un résultat aberrant. Deux réflexes permettent de détecter ces erreurs avant de poursuivre :
- La concentration de la solution fille doit toujours être inférieure à celle de la solution mère. Si le calcul donne l’inverse, il y a une inversion quelque part
- Le volume prélevé de solution mère doit être inférieur au volume final de la solution fille. Un V0 supérieur à Vf signifie qu’on concentre au lieu de diluer
- Le facteur de dilution F = C0 / Cf doit correspondre au rapport Vf / V0. Si ces deux rapports ne coïncident pas, une grandeur a été mal convertie
Vérifier la cohérence des unités avant l’application numérique reste le moyen le plus fiable d’éviter une erreur de calcul. Convertir systématiquement les volumes en litres et les masses en grammes avant de toucher à la formule simplifie chaque étape et rend le résultat directement lisible.
Le calcul de concentration d’une solution mère et de ses dilutions tient en une poignée de formules. La difficulté réelle se situe en amont : choix de la pipette adaptée au volume à prélever, transfert quantitatif sans perte de soluté, et contrôle de cohérence du résultat obtenu. Un résultat numériquement juste sur un volume mal mesuré reste un résultat faux.

